Lundi 1er décembre

L'humour en classe 

Avant le texte

1. Lisez chacune des affirmations suivantes, choisissez-en une et dites si vous êtes d’accord (+) ou pas d’accord (-) avec elle en explicitant votre point de vue / réaction.

1 Le rire est un phénomène purement physique.
2 Tout le monde rit des mêmes blagues, histoires drôles.
3 Il est facile d’expliquer pourquoi on rit.
4 Le rire est un phénomène (exclusivement) humain.
5 Il est plus facile de rire quand on est seul que de rire quand on est en groupe.
6 On rit facilement de quelqu’un dont on a pitié.
7 Pour apprécier le comique d’une situation, il faut (surtout) ne pas y participer, mais plutôt y assister en spectateur.
8 L’humour est un sentiment.
9 “Le Rire est un chant de triomphe; c’est l’expression d’une supériorité momentanée, mais brusquement découverte, du Rieur sur le Moqué.” (Pagnol, Notes sur le rire).
10 Certaines blagues sont difficiles à comprendre parce qu’elles sous-entendent des connaissances particulières de la part du rieur.
11 L’humour, le rire, est une arme à double tranchant qui sert à attaquer et à se défendre (quand on est attaqué).
12 “L’une des choses qui console de nos maux, ce sont nos mots; les bons de préférence.” (Georges Elgozy, De l’humour)
13 Les hommes politiques devraient avoir le sens de l’humour.
14 Le rire est thérapeutique. Il aide à rester en bonne santé.
15 L’humour est le contraire de l’intolérance. L’humour protège de l’intolérance.
16 La publicité n’est jamais humoristique.
17 L’humour est une des qualités les plus appréciées de l’être humain. Celui qui a le sens de l’humour est apprécié par ses proches, ses profs, ses supérieurs (au travail), etc.
18 Les artistes qui nous font rire, sont des gens gais qui s’amusent en travaillant.
19 Les enfants rient autrement que les adultes.

20 L’humour est un art de vivre.

2. Racontez une situation / des situations qui vous a / ont fait rire.
 Essayez chaque fois de déterminer et d’expliquer ce qui a vraiment déclenché le  rire.

Avec le texte


Texte: L’humour, un art de vivre!
L’humour est un de ces phénomènes “évidents” de la vie humaine, une de ces choses que nous subissons, qui nous arrivent subitement, sans que nous puissions en expliquer le pourquoi, ni le comment.
En général, nous appelons comique l’objet ou la personne qui déclenchent notre rire, qui nous amusent, nous divertissent.
Un élément typique de ces situations, est l’effet de surprise: ce qui arrive au mauvais moment ou au mauvais endroit, ce qui étonne ou dérange l’ordre de nos routines quotidiennes, nous fait rire. Le rire est un espèce de défoulement, une libération des contraintes. Nous rions et nous en ressentons un étrange et inexplicable bien-être.
Ce qui ne “pouvait” pas arriver, arrive, se produit quand même. La règle connaît une exception, la loi est transgressée, l’ordre perturbé. C’est le prof qui glisse sur une peau de banane et qui s’aplatit au milieu de la cour de récréation. C’est le gentleman anglais, tiré aux quatre épingles, qui se promène avec son parapluie, sous un soleil radieux, et qui voit son chapeau melon s’envoler, emporté par une bourrasque. C’est l’enfant prodige qui fait dans sa culotte, lors de son premier concert public.
A y regarder de plus près, ces histoires dites drôles ne le sont pas tellement pour ceux qui y sont directement impliqués. Dans la plupart des cas, notre rire s’explique par le malin plaisir que nous prenons à rire de ce qui arrive aux autres. Tout en nous réjouissant (plus ou moins consciemment) de ne pas nous trouver à leur place!
Le ridicule des autres nous procure un sentiment de supériorité et de soulagement.
Nous rions aussi des personnages de BD, de dessins animés, de films comiques, de comédies, de vaudevilles...
Nous rions ou nous sourions de remarques spirituelles, de boutades bien tournées, de répliques bien trouvées, de traits d’esprit, de jeux de mots et d’allusions humoristiques.
Ce sont des manifestations de l’humour innocent.
Qui s’en offenserait, manque de maturité d’esprit. Car, le sens de l’humour véritable, est le résultat de sagesse, de tendresse, de sympathie, d’amour.
“Ce qui s’aime, se taquine.”
L’humus de l’humour innocent, c’est le sens de la relativité de toute expérience humaine, de la précarité des vérités terrestres.
L’humour innocent est un tonique à usage interne et externe. Il nous rend invulnérables, nous immunise contre l’aveuglement, les préjugés, le fanatisme. Le véritable humour “rit à travers les larmes” (Homère). Il nous rend sensibles à ce qu’il y a de beau dans la vie et nous guérit de nos inhibitions, de nos angoisses, de nos phobies. Le véritable humour est comme un visage de clown:  un large sourire sous des yeux tristes et profonds. L’humour nous protège contre les maux psychologiques (la dépression, la mélancolie, la folie).
L’humour nous guérit de nos désillusions et nous permet de les minimaliser.
C’est aussi un art de vivre et de se comporter socialement.
L’homme qui a le don du rire facile, est un être agréable à fréquenter.
C’est un être sociable, qui se fait facilement des amis.
Si tous les hommes ne possèdent pas au même degré le sens de l’humour, ils sont néanmoins les seules créatures à pouvoir rire. Les animaux, les objets, les paysages sont incapables de rire. S’ils se prêtent parfois au rire, c’est par une ressemblance avec l’homme, par la marque que l’homme y imprime ou par l’usage que l’homme en fait. Tout comme l’intelligence, l’humour est le signe qui distingue l’homme de l’animal.
Ces deux qualités se révèlent d’ailleurs très souvent proportionnelles: un être qui a le sens développé de l’humour, est (très souvent) un être intelligent et vice versa. L’humour permet d’apprécier la spiritualité des autres, de comprendre des calembours poétiques, de neutraliser des paradoxes, de repérer les inventions saugrenues, les néologismes, les pastiches, les aphorismes.
La meilleure maîtrise de cet art de vivre qu’est l’humour, c’est de pouvoir rire de soi-même. La meilleure façon de se rendre ridicule, c’est de (trop) se prendre au sérieux. C’est ce que les hommes politiques, les économistes, les publicistes ont bien compris et exploitent le mieux possible.
Aux manifestations de l’humour innocent, s’opposent celles de l’humour offensif, voire blessant. Aux frontières des genres innocents et des genres blessants, se situe l’ironie. Il arrive que nous riions de personnes, d’objets, de situations qui ne sont pas drôles ou risibles en soi, et qui ne se prêtent, à strictement parler, nullement au rire. Nous les rendons volontairement, consciemment ridicules, pour échapper à l’oppression, pour exprimer notre mépris ou notre aversion à leur égard. Ainsi, les hommes politiques sont-ils souvent caricaturés par le parti opposé; le prof est parodié par ses élèves; le chef de bureau fait l’objet de blagues de la part de son personnel.
L’humour devient ironie et cette ironie est une arme à la fois défensive et agressive. Nous nous défendons de nos propres insuffisances en nous moquant des imperfections d’autrui. Nous attaquons les autres dans leurs traits physiques ou psychologiques frappants, dans leurs attitudes, dans les idées qu’ils avancent, dans les opinions qu’ils affichent, dans les idéaux qu’ils servent, dans les buts qu’ils poursuivent.
Par l’ironie, nous démasquons l’hypocrisie sociale, nous dévoilons les dessous crapuleux de certaines des (trans)actions de nos semblables.
Bien plus graves que l’ironie, sont le sarcasme et le cynisme.
Par sarcasme, nous entendons la moquerie outrageuse, odieuse, ayant pour (seul) but de blesser, de faire mal.
De même, le cynisme est-il impitoyable, ne respectant rien ni personne, bafouant les valeurs et les normes morales, les sentiments humains, piétinant ce qu’il y a de beau dans la vie et faisant du malheur humain sa délectation et l’objet de la risée.
L’humour noir en est une forme extrême: l’individu tourne l’arme contre lui-même.
C’est l’humour du condamné à mort, qui s’adresse au bourreau et lui dit: “ça, mon vieux, je te promets que tu ne me le feras pas une deuxième fois!”
Un dernier type d’humour pourrait être désigné comme humour absurde. C’est le fait de rire de situations impossibles dans la réalité. Mais qu’importe: il suffit d’avoir ri! Car, qu’il soit innocent, cruel ou absurde, le rire permet à l’homme de survivre.
Sans humour, la vie se condamne à mort.

Identifiez dans la colonne de droite les synonymes ou explications des mots de la
 colonne de gauche.
A                                                                                              B
1 un phénomène                                                        a un enfant surdoué
2 déclencher le rire                                                    b un devoir, une discipline, une loi
3 le défoulement                                                       c un fait qui se produit
4 une contrainte                                                        d être enrôlé (dans)
5 être tiré aux quatre épingles                                    e provoquer le rire
6 être impliqué (dans)                                               f une comédie burlesque
7 un vaudeville                                                         g la libération des pulsions intérieures
8 une péripétie                                                          h être très bien habillé
9 un enfant prodige                                                   i une plaisanterie, un trait d’esprit
10 consciemment                                                      j se montrer choqué par
11 une boutade                                                         k se moquer gentiment de
12 s’offenser de                                                       l une aventure spectaculaire
13 l’humus                                                              m d’une façon consciente
14 se taquiner                                                          n le sol, le terreau
15 la précarité                                                          o intouchable, qu’on ne peut pas blesser
16 tonique                                                               p relativiser à l’extrême
17 invulnérable                                                        q qui stimule, donne de l’énergie
18 l’aveuglement                                                      r la fragilité, l’instabilité
19 une inhibition                                                      s le fait d’être aveuglé, de ne plus (rien) voir
20 minimaliser                                                         t une hésitation instinctive, apeurée

Employez dix mots de l’exercice précédent dans les phrases suivantes.

1 Certaines boissons sont appelées ... parce qu’elles stimulent, donnent de l’énergie.
2 Il n’ose pas entrer dans ce lieu suspect. Il ressent une certaine ..., une peur inexplicable.
3 Personne n’est complètement libre d’agir à sa guise. Il y a toujours des ... à respecter.
4 Entre frères et soeurs, on aime bien ..., se moquer gentiment l’un de l’autre.
5 Il a dit ça ... ou inconsciemment?
6 Cette terre est riche en matières végétales. C’est un excellent ... pour la culture céréale.
7 J’aime bien parler avec elle. Elle a toujours le mot pour rire et ses ... sont spirituelles!
8 Nous avons fait un voyage aventureux. Quelles ... nous sont arrivées!
9 D’étranges ... se produisent dans cette ville. On croirait une ville hantée!
10 Elle parvient toujours à ... de ses amis en racontant des blagues.

Choisissez dans le premier exercice les mots qui expriment le contraire des mots suivants.

1 une contrainte             6 se rire de
2 négligé                      7 n’avoir aucun rapport avec
3 une tragédie               8 la constance, la permanence
4 la lucidité                  9 fragile
5 dramatiser                 10 un cancre

Cherchez les mots qui correspondent aux définitions données.
 Notez le mot à côté de sa définition.
un double sens - un non-sens - un calembour - un aphorisme - un paradoxe -
un pastiche - un néo-illogisme
.......... = un jeu de mots sur une similitude de sons, recouvrant une différence de sens
.......... = une opinion qui va à l’encontre de l’opinion communément admise
.......... = un mot qui peut être compris de deux façons différentes
.......... = un mot, une phrase dépourvu(e) de sens
.......... = un nouveau mot ou une nouvelle tournure illogique
.......... = une oeuvre littéraire ou artistique dans laquelle l’auteur imite le style d’un autre
.......... = une maxime, une pensée, une image résumant un point de morale

Lisez les histoires drôles suivantes et regardez le cartoon.
1 Quelle blague est inspirée par la naïveté?
2 Quelle blague est basée sur une interprétation erronée?
3 Quelle blague joue sur la surprise du lecteur / de l’auditeur?

a) Une institutrice demande à un écolier pourquoi on dit “rapide comme un éclair”.
Le petit répond: - Parce qu’on le mange en deux secondes.

b) Deux amis se trouvent au zoo, devant la cage des lions. Un des lions ouvre tout grand la gueule et grogne bruyamment. Un des amis dit: - Viens, on s’en va?
L’autre répond: - Non, je veux voir le film!

c) Un homme entre chez un maroquinier et demande un porte-monnaie imperméable.
- Pourquoi imperméable?
- Parce que je compte y mettre de l’argent liquide!

d) Dans un cinéma où l’on joue un suspense policier, un spectateur entre au moment où le
film vient de commencer. Sa lampe-torche à la main, l’ouvreuse le guide, éclaire chaque
marche et l’amène jusqu’à un fauteuil libre.
- C’est trop près. Vous n’auriez pas une autre place?
L’ouvreuse repart dans l’autre sens et guide le monsieur jusqu’à un nouveau siège.
- C’est trop de côté! Vous n’auriez rien de plus central?
L’ouvreuse parcourt toute l’allée et repère enfin une place en plein centre. Elle y conduit le monsieur. Celui-ci s’installe.
- Vous n’oubliez pas le pourboire, Monsieur?
- Oh, je n’ai plus rien en poche, Mademoiselle...
Alors l’ouvreuse se penche et dit à l’oreille du monsieur: - C’est le juge, l’assassin!

Pour aller plus loin...



Sans dessus dessous (Raymond Devos)
 Actuellement, mon immeuble est sens dessus dessous. Tous les locataires du dessous voudraient habiter au-dessus. Tout cela parce que le locataire
qui est au-dessus est allé raconter par en dessous que l'air que l'on respirait à l'étage au-dessus était meilleur que celui que l'on respirait à l'étage en dessous.
 Alors, le locataire qui est en dessous a tendance à envier celui qui est au-dessus et à mépriser celui qui est en dessous.
Moi, je suis au-dessus de ça.
Si je méprise celui qui est en dessous, ce n'est pas parce qu'il est en dessous, c'est parce qu'il convoite l'appartement qui est au-dessus, le mien.

Remarquez . . . moi, je lui céderais bien mon appartement à celui du dessous à condition d'obtenir celui du dessus.
Mais je ne compte pas trop dessus.
D'abord parce que je n'ai pas de sous. Ensuite, au-dessus de celui qui est au-dessus, il n'y a plus d'appartement. Alors, le locataire du dessous qui monterait au-dessus obligerait celui du dessus à redescendre en dessous.
Or, je sais que celui du dessus n'y tient pas. D'autant que, comme la femme du dessous est tombée amoureuse de celui du dessus, celui du dessus n'a aucun intérêt à ce que le mari de la femme du dessous monte au-dessus.
Alors, là-dessus ... quelqu'un est-il allé raconter à celui du dessous qu'il avait vu sa femme bras dessus, bras dessous avec celui du dessus ???
Toujours est-il que celui du dessous l'a su.
Et un jour que le femme du dessous était allée rejoindre celui du dessus,
comme elle retirait ses dessous ... et lui, ses dessus ... soi-disant parce qu'il avait trop chaud en dessous ... Je l'ai su .. parce que d'en dessous,
on entend tout ce qui se passe au-dessus ...
Bref! Celui du dessous leur est tombé dessus. Comme ils étaient tous les deux soûls, ils se sont tapés dessus. Finalement, c'est celui du dessous qui a eu le dessus!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire